19 Août
  • By permadoc
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Le concept permaculture, une solution face à la crise écologique

Le concept permaculture c'est quoi ?

Le concept permaculture, c'est la culture de la permanence. Trop souvent réduite au jardinage naturel et biologique, cette philosophie peut s’appliquer à de nombreux domaines, habitat, santé, éducation… et surtout humain ! En mettant en œuvre des systèmes qui imitent le fonctionnement de la nature, le concept permaculture s’impose comme la réponse face à la crise socioéconomique et écologique ! Grace à son approche systémique ce concept nous permet de créer des écosystèmes viables en s’inspirant des lois de la nature.

En premier temps  ce concept a été appliqué dans le domaine agricole pour la fondation des premières fermes naturelles d’un nouveau genre ! Ensuite ce concept a évolué dans d’autres secteurs en prenant en compte le coté social et économique. C’est une évolution grâce à la sagesse des ancêtres et les découvertes scientifiques de nos jours. La permaculture apporte une vision  globale et des solutions locales afin de limiter notre impact sur l’environnement.

La permaculture s’inspire des écosystèmes vivants qui sont en interactions entre eux, ainsi ils permettent de maintenir et reproduire la vie. Dans la nature les écosystèmes ne cessent d’évoluer, à s’adapter et se transformer pour continuer à exister. Depuis la création de la vie les écosystèmes ont toujours interagit entre eux ce qui leur permet de subsister.  Grace à ce fonctionnement et depuis 4,5 milliards d’années, ces écosystèmes se sont perfectionnés pour permettre la propagation de la vie sur notre planète.

Un concept inspirant et inspiré

Nous pouvons s’inspirer de ce concept pour organiser la vie dans notre société et dans toutes nos activités. Un permaculteur et une permacultrice ont pour mission de protéger la nature,  de la comprendre, d’interagir avec les énergies qui nous entourent, mais nous ne faisons pas parti des écosystèmes vivants?  Si on doit suivre le concept de la permaculture nous sommes amené a porter une grande attention à l’humain, ce qui impose un cadre qui favorise l’échange entre les individus d’une manière à ce que ce soit durable et enrichissant. Les espèces vivantes s’adaptent à leur environnement alors que nous humains nous avons été éduqué, dans ce monde industriel, à une économie de production et de consommation. Ce mode de vie qui est à l’origine d’une crise sociale et une crise écologique est en train de nous mener vers le chaos. Nous nous soucions guère des forêts que nous détruisons, des eaux que nous polluons, et des toutes les espèces vivantes qui ont disparues ou ceux qui sont en voie de disparition.  

Le concept permaculture tout au contraire permet de prendre soins de la nature, à prendre en compte à la fois de nos besoins, et ceux de notre environnement. La permaculture permet de créer des systèmes harmonieux les uns avec les autres en s’inspirant des lois de la nature, ce qui veut dire en clair intervenir le moins possible sur nos écosystèmes, et donner  à tout organisme vivant, l’opportunité de s’épanouir, ainsi grâce à ce concept nous privilégierons la vie et l’abondance.

Le concept permaculture peut s’appliquer à tout projet de vie, en la planifiant correctement, en donnant l’importance aux relations entre les humains afin de créer des synergies positives. Dans la nature il y a une complexité et une biodiversité infinie, aucune foret ne ressemble à une autre aucun paysage ne ressemble à un autre, chaque projet de vie est unique chacun de nous est unique ! Ne vous sentez pas exclus parce que vous avez échoué dans votre parcours scolaire, ou parce que vous n’avez pas obtenu des grands diplômes, chacun de nous a tout à fait le droit de s’épanouir, une personne épanouie est une personne socialement utile ! Aller travailler pour gagner sa vie ? la permaculture nous invite a vivre tout simplement notre vie dans notre vraie rôle, est celui de vivre et créer de la vie et de l’amour autour de nous !

Une vision, et une philosophie

La vie est par principe abondante, et se régénère indéfiniment grâce à l’interconnexion des écosystèmes. Une éruption volcanique qui dévaste toute une région et tue toute la végétation on pourrait la qualifier comme catastrophe naturel meurtrière mais à vrai dire ce n’est qu’un processus de fertilisation des sols, effectivement sur les pentes volcaniques, la terre est d'une fertilité sans égale. D'ailleurs, les hommes se sont toujours installés aux abords des volcans. Il faut se rendre à l'évidence : le sol, aux abords des volcans, n'est pas comme les autres. On pourrait presque le qualifier de "miraculeux". Ceci est dû aux projections volcaniques. En effet, à chaque éruption, des petits bris de verre, pauvres en silice, mais riches en minéraux  - fer, magnésium, potassium, sodium, phosphore, sélénium et calcium - jaillissent et se répandent sur le sol.

Comme toute espèce vivant, l’humain a un rôle important et précis à jouer,  non pas celui de consommer et produire pour notre unique besoin tout en détruisant la vie sur terre, mais plutôt le rôle d’un sage doté d’une intelligence créative individuelle et collective qui va dans le sens de la nature. Nous avons la capacité et le choix entre la création et la destruction de la biodiversité qui nous permet de subsister.

L’origine

Nous commettons depuis des décennies des crimes contre la nature, en exploitant les ressources naturelles et humaines pour satisfaire des intérêts industriels. Nous menaçons sérieusement l’équilibre des écosystèmes naturels.

Le concept de la permaculture a été fondé en Australie les années 1970 pour faire face à la crise climatique. Le mot permaculture vient des deux mots « permanent » et « culture ». Permanent pour la durabilité et culture qui englobe la culture des sols, et la dimension culturelle. Cela implique non seulement la nature dans son environnement mais aussi la nature humaine comme un être vivant faisant parti des écosystèmes.   

La permaculture vient appuyer et nous confirmer que de tout temps, bien avant que la permaculture existe, les civilisations anciennes vivaient en harmonie avec la nature, ce qui leur permettait de créer des richesses naturelles dans le partage et la bienveillance. Avant tout était biologique est gratuit !

Partout dans le monde des personnes, des groupes, des organisations, soucieux de la crise écologique se mobilisent pour trouver des solutions en appliquant des pratiques ancestrales qui avaient disparus. Les rapports scientifiques de nos jours viennent confirmer et faire évoluer ces pratiques anciennes dans le sens de la nature. Nous ne pouvons pas imaginer un monde en harmonie sans le respect de la nature et des êtres humains.

Nous sommes tous conscients que nos modes de vie pèsent sur les écosystèmes, que la course à la croissance économique fait de plus en plus d’exclus, que les cultures et les échanges entre les peuples sont mis à mal par la recherche du profit avant tout. Cependant il est possible d’influer différemment sur notre monde en étant acteur du changement, acteur du monde que l’on veut voir naître.

Les Fondateurs

"Le plus grand changement dont nous avons besoin est celui qui consiste à passer de la consommation à la production, même à petite échelle, dans nos propres jardins. Si seulement 10% d’entre nous faisaient ça, il y en aurait déjà assez pour tout le monde. D’où la futilité des révolutionnaires qui produisent des mots et des balles, mais qui, ne produisant ni nourriture ni abris, dépendent totalement du système qu’ils attaquent."

Deux australiens, BILL MOLLISON et DAVID HOLMGREN, sont à l’origine du mot permaculture pendant les années 70, et qui ont contribué à la propagation de ce concept à l’échelle mondiale.

En 1954, Bill Mollison rejoignit le CSIRO (Wildlife Survey Section, équivalent australien du CNRS, département Vie Sauvage) et acquit des connaissances approfondies dans le domaine de la recherche.

Dès qu’il eut obtenu sa licence de bio-géographie, il fut embauché à l’Université de Tasmanie, où il créa plus tard l’unité de Psychologie Environnementale.

Pendant sa période universitaire, qui dura 10 ans, Bill Mollison fit des recherches et publia un traité en trois volumes sur l’histoire des aborigènes de Tasmanie et sur la généalogie de leurs descendants.

L’invention de la permaculture

En 1974, il développa avec David Holmgren les prémices du concept de permaculture, avec la publication de "Permaculture One". Par la suite, il s’attacha à améliorer et promouvoir ce qu’il voyait comme un concept novateur réellement capable de changer le monde.

Bill Mollison quitta l’université en 1978, abandonnant son poste universitaire à l’âge de 50 ans (du jamais vu), pour consacrer toute son énergie à approfondir le système de la permaculture et à en propager l’idée et les principes dans le monde entier. Il enseigna la permaculture à des milliers d’étudiants et contribua à de nombreux articles, rapports d’analyse et recommandations pour des projets de ferme, d’écovillages et de collectivités territoriales.

Bill Mollison créa en 1979 le premier Institut de Permaculture, pour enseigner à des étudiants du monde entier la permaculture et le design pratique de systèmes économiques de gestion durable des sols, de l’eau et des plantes. Depuis, des centaines de milliers d’anciens étudiants ont créé un réseau mondial pour faire avancer son concept de permaculture.

David Holmgren est né en 1955 à Fremantle, de l’autre côté du continent Australien (à l’ouest), de parents activistes politiques.
Après avoir décroché son diplôme au lycée Curtin Senior en 1972, il passe une année à voyager en stop autour de l’Australie avant de poser ses valises en Tasmanie en 1974 pour étudier le design environnemental (tout en s’intéressant au design paysager, à l’écologie et à l’agriculture). C’est au cours de la brève mais intense collaboration entre Mollison et Holmgren que le squelette du concept de permaculture a pris forme – à coups de débats dans le salon de Bill Mollison sur les pentes basses du Mont Wellington, rebaptisé par la suite « république de Strickland Avenue ».
Peu de temps après la mise au point du concept original du système de design de permaculture, David entreprend de s’installer sur la petite propriété de Melliodora à Hepburn, une petite ville de l’état de Victoria.

Au sein du mouvement en plein essor de la permaculture internationale, David est connu pour sa façon personnelle de présenter et d'enseigner la permaculture, à travers des projets pratiques et par des exemples personnels. Il montre qu'un style de vie plus durable est une alternative réaliste, puissant et attrayante, à la dépendance du consumérisme. David a beaucoup travaillé à définir les fondations conceptuelles et philosophiques d'une culture durable, qu'il a consignées dans son livre "Permaculture: Principles and Pathways beyond Sustainability" [ndT : titre qui pourrait se traduire par "Permaculture : principes et approches au-delà du développement durable"],

L’éthique de la permaculture

Éthiques de la permaculture

Au centre de la permaculture, il y a trois principes fondamentaux : prendre soin de la terre, prendre soin de l'humain, et partager équitablement. Ils forment le socle de la conception permaculturelle. On les retrouve dans la plupart des sociétés traditionnelles.

Les principes éthiques sont des mécanismes issus d'une évolution culturelle, qui tempèrent nos égoïsmes instinctifs et nous permettent de mieux comprendre les conséquences bonnes ou mauvaises de nos actes. Plus l'humanité sera puissante, et plus l'éthique sera primordiale pour assurer notre survie biologique et culturelle à long terme.

Les principes éthiques de la permaculture ont été inspirés de travaux de recherche sur les bases éthiques des communautés, retenant les leçons de peuples qui ont réussi à vivre en équilibre avec leur environnement beaucoup plus longtemps que les civilisations récentes. Ceci ne veut pas dire qu'il faut oublier les grands enseignements de l'époque moderne, mais que pour réussir notre transition écologique vers un avenir durable, il nous faudra prendre en compte des valeurs et des concepts qui sont en dehors des normes culturelles actuelles.

Prendre soin de la Terre  

La Terre est une entité qui vit et qui respire. Il faut lui porter continuellement soins et attention si l'on veut éviter des conséquences écologiques graves
L'image de la plantule représente la croissance végétale, un ingrédient clé du cycle de la vie sur Terre. "Prendre soin de la Terre", il est plus que nécessaire de nous préoccuper du sol vivant. L'état du sol est souvent la meilleure mesure de la santé et du bien-être d'une société. Le meilleur moyen de savoir si un sol est en bonne santé c'est quantité et la biodiversité qu'il héberge. 
Nos forêts et nos rivières sont les poumons et les veines de notre planète, qui aident la Terre à vivre et à respirer, et qui accueillent une grande diversité de formes de vie. Chaque espèce a une valeur intrinsèque, et doit être respectée pour les fonctions qu'elle remplit - même quand on ne sait pas voir en quoi elles sont utiles à nos besoins.
En réduisant notre consommation d'objets, nous réduisons notre impact sur l'environnement, ce qui est la meilleure façon de nous soucier de toutes les formes de vie.

Prendre soin de l'humain 

Quand les besoins des personnes sont satisfaits avec compassion et simplicité, l'environnement qui les entoure peut prospérer. 
L'image de deux personnes ensemble représente le besoin d'entente et de coopération pour amener le changement. Le souci des personnes commence par soi-même, mais s'étend ensuite à notre famille, nos voisins, notre village, notre territoire. Le défi à relever est celui de l'autosuffisance et de la responsabilité personnelle.
L'autosuffisance est moins difficile à atteindre quand on se concentre sur le bien-être immatériel, en prenant soin de soi et des autres sans produire ni sans consommer de ressources matérielles au-delà du nécessaire. En acceptant de porter une part de responsabilité personnelle dans notre situation plutôt que chercher à incriminer les autres, nous pouvons mieux nous prendre en main. En reconnaissant que la sagesse est à chercher au sein du groupe, nous pouvons travailler avec les autres afin d'aboutir aux meilleurs résultats pour tous les participants.
L'approche de la permaculture est de se pencher d'abord sur le côté positif des opportunités qui s'offrent à nous plutôt que sur les difficultés et les obstacles, même dans les situations les plus décourageantes.

Partager équitablement 

Les périodes d'abondance doivent nous encourager à partager avec les autres. 
L'icône de la part de tarte symbolise le fait de prendre ce qui correspond à son juste besoin et partager le reste, tout en reconnaissant qu'il y a des limites à ce que l'on peut donner ou prendre.
Quand un arbre porte des fruits, il produit souvent beaucoup plus que ce qu'une personne peut consommer. Il est naturel de partager ce dont on ne peut rien faire. Il faut du temps pour cueillir, manger, partager ou conserver la récolte, et il y a donc des limites à la quantité de fruits qu'on peut produire et utiliser.
La croissance de notre consommation et l'extinction accélérée des espèces montre à quel point le modèle de croissance continue est impossible. Il faut parfois prendre des décisions difficiles et considérer que ce qu'on a est suffisant.
Il faut se concentrer sur les efforts [de sobriété] qu'il convient de faire à son niveau plutôt que se demander ce que les autres devraient faire. Si on peut trouver le bon équilibre dans sa vie, les autres peuvent s'en inspirer pour trouver leur propre équilibre. 

 

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