Woofing permaculture Maroc

La ferme naturelle d’Ismaël 

Un jeune informaticien se reconverti en néo-paysan et s’installe dans une ferme naturelle

En 2018, un néo-paysan nous a contacté sur notre page facebook pour visiter sa ferme naturelle. Nous y avons séjourné en tant que woofers pendant deux semaines (nous y sommes retournés en été 2019).

Ismaël et son épouse  sont sortis du système qui les maintenait loin de la terre, ils  ont décidé de mener une vie plus simple, en accord avec leurs convictions. Exercer un métier qui a du sens. Au contact de la nature, ils ont déterré leur vocation paysanne.

On ne naît plus paysan, on le devient. Après avoir été informaticien, Ismaël  plaque tout pour oser le grand défi, s’installer dans une micro-ferme naturelle.  Embrasser le vert clair des bocages, et le grand air des pâturages. Ce citadin ne connaissait  presque rien à l’agriculture,

« J’avais envie de changer de vie, j’y pensais à la sortie du bureau, au retour des vacances comme une petite musique entraînante. Le refrain est devenu une réalité. J’ai déserté le marché du travail et la ville de Fès afin de me réapproprier les gestes essentiels : me nourrir, renouer avec les saisons, travailler mon jardin sur sol vivant » s’exprima Ismaël.

La découverte de la ferme naturelle d’Ismaël

La ferme naturelle d’Ismaël se trouve à proximité du village Ait Ouallal, 3000 m² de pur bonheur ! Le couple travaille principalement sur la reproduction de graines naturelles et anciennes. Ils visent une autonomie alimentaire et  cultivent une large gamme de biodiversité, Elèvent pour leur consommation personnelle deux chèvres et quelques poules. Quelques arbres fruitiers et oliviers sont plantés, et un design en permaculture est devenu évident avec l’observation du terrain et des alentours.

Au début rien n’a été simple, et il a fallu tout apprendre,  le terrain était rempli de roches volcaniques que Ismaël peine des fois à déplacer, une grande partie de la roche et de la pierre a servi à bâtir la fondation de la maison par les parents d’Ismaël.  Ensuite le reste de la pierre servira pour construire des murets, les limitations des jardins potagers, un bassin de rétention d’eau etc. 

Pour son itinéraire technique en maraîchage sur sol vivant,  le couple utilise plusieurs pratiques anciennes et celle qui a le plus attirée notre attention  c’est la Milpa.

« La Milpa, ou les  sœurs, est une association de culture très connue. Elle est présente en Amérique centrale, en Amérique du Sud mais également en Chine.

Il s’agit d’une association de 3 cultures différentes : le maïs, le haricot grimpant (haricot à rames) et la courge. Chacune apporte des bénéfices aux autres. La milpa est une association de culture ne nécessitant pas un terrain très fertile. Par ailleurs, elle présente aussi un intérêt alimentaire et nutritionnel.» Nous expliqua Ismaël.

Au-delà même du jardinage sur sol vivant, Le jeune couple recherche aussi un intérêt pour la santé ! Nos jeunes paysans se nourrissent sainement et uniquement de la production locale. 

En effet Ismaël et son épouse nous ont préparé du kéfir, une boisson vivante qui contient des germes. On raconte que c’est une boisson miracle, les peuples du Caucase pouvaient vivre jusqu’à 110 ans sans être malade grâce au kéfir, une boisson qui regorge de bonnes bactéries, de vitamines et de protéines.

Ismaël sensibilise les habitants du village à la protection de l’environnement

Ismaël  travaille généralement seul, de temps en temps il a de l’aide des voisins. Il essaie de sensibiliser autour de lui et de convaincre les éleveurs de penser « agriculture durable ». Ismaël conseille ses voisins de baisser la taille des exploitations animalières afin de préserver la foret.

Plus les élevages augmentent, moins il y aurait d’eau dans le futur. Cela pourrait allait jusqu’à l’épuisement des ressources. L’eau vient des sources des montagnes qui se forment grâce aux arbres ! L’élevage intensif empêche le développement des arbres. Expliqua Ismaël à son voisin lors d’une discussion sous les étoiles.

Quand nous sommes revenus voir Ismaël en été 2019, toujours en tant que woofers, le voisin avait repris son activité de maraichage sur sol vivant et a baissé son élevage de moutons.

Le jeune paysan s’intéresse beaucoup à la contemplation plutôt qu’à l’observation seule. Il arrive à comprendre son terrain mais aussi les énergies qui l’entourent.  La simplicité permet de se concentrer sur le plus essentiel qui est la vie.

Au village, on le surnomme Bob, il a su se faire des amis. Dans le café du village, du jazz se fait désormais entendre.

Il a convaincu plusieurs jeunes de son village de renoncer à l’immigration en Europe et rester au pays pour travailler la  terre ! Un travail de sensibilisation par simple vocation.